Réaction des marchés et perspectives de volatilité
Après cette publication, il n’y a pas eu de mouvement immédiat du dollar américain (USD) ni des prix du pétrole WTI (pétrole américain de référence, West Texas Intermediate). Cette information avait déjà été diffusée plus tôt dans la journée par le commandement central américain (CENTCOM, commandement militaire des États-Unis pour la région). Les marchés paraissent calmes, mais cela peut être trompeur. Il faut s’attendre à une hausse marquée de la volatilité implicite (la volatilité « anticipée » par les prix des options) sur les contrats pétroliers dans les prochaines semaines, à mesure que l’impact concret du blocus apparaîtra. Le Cboe Crude Oil Volatility Index (OVX, indice qui mesure la volatilité attendue du pétrole via les options), actuellement proche de ses plus bas annuels, pourrait fortement remonter, ce qui rend les stratégies acheteuses de volatilité (parier sur plus de variations de prix, généralement via des options) intéressantes.Risque sur le détroit d’Ormuz et impact sur les prix
Ce blocus menace directement le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 21 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20 % de l’offre mondiale. Pour se positionner sur un possible choc de prix, certains achètent des options d’achat très éloignées du prix actuel (options « hors de la monnaie », c’est-à-dire qui ne rapportent que si le prix monte fortement) sur les contrats à terme Brent (pétrole de référence international, plus sensible aux tensions au Moyen-Orient que le WTI). En 2019, des attaques contre des installations saoudiennes avaient fait bondir le Brent d’environ 20 % en une seule séance, montrant à quelle vitesse la situation peut s’aggraver. Le retrait rapide du marché d’environ 2,5 millions de barils par jour d’exportations iraniennes réduirait fortement l’équilibre offre-demande mondial. Les investisseurs surveillent de près les déclarations de l’OPEP+ (OPEP et alliés, dont la Russie), car leur capacité de production inutilisée (production pouvant être ajoutée rapidement), estimée à moins de 4 millions de barils par jour, pourrait ne pas suffire à rassurer sur un risque de pénurie. Toute hésitation à augmenter la production renforcerait le scénario d’une hausse des prix du pétrole. Le différentiel Brent-WTI (l’écart de prix entre les deux références) est aussi suivi, avec l’idée qu’il pourrait s’élargir nettement, le risque étant concentré dans l’hémisphère Est. Des positions via des produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme des options) sur les grands armateurs de pétroliers sont envisagées, car leurs coûts d’assurance et d’exploitation devraient grimper avec la montée du risque. De même, des options d’achat sur de grands groupes de défense pourraient être gagnantes si la confrontation militaire dure.
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