Les anticipations d’inflation suggèrent des prix difficiles à faire baisser
Avec des anticipations à 5 ans à 3,4 %, le scénario d’une baisse régulière de l’inflation est remis en cause. Cette progression indique que les pressions sur les prix restent fortes. Elle doit être vue comme un signal important : la trajectoire de la politique monétaire est moins lisible. Ces chiffres obligent à revoir les attentes sur les décisions probables de la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis) jusqu’à fin 2026. Le marché anticipait au moins deux baisses de taux d’ici la fin de l’année, une hypothèse qui paraît désormais trop confiante. La situation rappelle 2025, quand les espoirs de baisse des taux avaient été reportés à plusieurs reprises à cause d’une inflation tenace. Pour les opérateurs de taux, cela plaide pour ajuster l’exposition liée au SOFR (Secured Overnight Financing Rate, taux au jour le jour de référence, garanti, utilisé comme base pour de nombreux produits de taux en dollars). Une approche consiste à vendre des contrats à terme (futures, contrats standardisés négociés en Bourse) sur fin 2026 et début 2027, car ces prix pourraient sous-estimer la probabilité que la Fed maintienne des taux élevés plus longtemps. D’après le CME FedWatch Tool (outil de CME qui déduit des prix des contrats à terme la probabilité implicite des décisions de la Fed), le marché attribue encore près de 60 % de chances à une baisse de taux d’ici septembre, une probabilité que ce chiffre d’inflation fragilise. Sur les actions, des anticipations d’inflation durablement plus hautes pèsent sur les marges des entreprises (leur rentabilité) et sur les valorisations (prix des actions par rapport aux bénéfices attendus). Une couverture consiste à acheter des options de vente (puts, droit de vendre à un prix fixé) sur des indices sensibles aux taux comme le Nasdaq 100. Cela suggère aussi davantage de volatilité, ce qui peut rendre intéressantes des options d’achat (calls, droit d’acheter à un prix fixé) sur le VIX (indice de volatilité implicite du S&P 500, souvent appelé « baromètre de la peur ») comme protection en cas de baisse liée à une réévaluation des taux. Ce point est cohérent avec le dernier rapport sur l’IPC (CPI, indice des prix à la consommation), qui montrait le mois dernier une inflation sous-jacente à 3,7 % — l’inflation sous-jacente exclut les éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation —, bien au-dessus de l’objectif de la Fed. Un schéma comparable avait été observé en 2022, quand le marché avait sous-estimé la détermination de la Fed à combattre l’inflation, entraînant des pertes pour ceux qui misaient sur un virage rapide de politique monétaire. Cet écueil est à éviter.Se positionner face à un scénario d’inflation plus élevée
Des stratégies plus directement liées à l’inflation peuvent aussi être envisagées. Les swaps d’inflation (contrats où l’on échange un taux d’inflation « fixe » contre l’inflation effectivement observée) permettent de se positionner sur une inflation réalisée au-dessus des niveaux implicites actuels. Autre option : acheter des options d’achat (calls) sur des ETF de TIPS (Treasury Inflation-Protected Securities, obligations d’État américaines indexées sur l’inflation ; ETF = fonds coté en Bourse) pour bénéficier d’une hausse des anticipations d’inflation.
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