Négociations États-Unis–Iran et sensibilité des marchés
L’attention se porte sur les discussions États-Unis–Iran prévues ce week-end au Pakistan. NBC, citant un responsable américain, indique que le président Donald Trump a exhorté Israël à réduire les frappes au Liban, tandis que Benjamin Netanyahu a déclaré que des discussions directes avec le Liban débuteront bientôt, portant sur le désarmement du Hezbollah et la recherche d’une paix. Les statistiques américaines ont été contrastées: l’inflation PCE « core » (indice des dépenses de consommation personnelle hors éléments volatils comme l’énergie et l’alimentaire, suivi de près par la Fed) a atteint 0,4% sur un mois en février, et 3% sur un an, contre 3,1% auparavant. La croissance du PIB final du T4 (produit intérieur brut du quatrième trimestre, mesure de l’activité) a été révisée à 0,5% contre 0,7%. L’indice CPI américain (inflation à la consommation) est attendu vendredi, avec des prévisions de 0,9% sur un mois contre 0,3% en février, et 3,3% sur un an contre 2,4%. Les « minutes » de la Fed (compte rendu détaillé de la réunion) de mars indiquent que la plupart des membres voient dans les risques de conflit au Moyen-Orient des menaces pour l’emploi pouvant justifier des baisses de taux. Mais beaucoup avertissent aussi que l’inflation pourrait rester élevée, surtout si le pétrole monte, ce qui soutiendrait au contraire des hausses de taux. Compte tenu de l’incertitude, les traders auraient dû envisager d’acheter de la volatilité via des options (instruments donnant le droit, mais pas l’obligation, d’acheter ou vendre à un prix fixé). Un straddle sur l’AUD/USD, par exemple, peut gagner si le cours bouge fortement dans un sens ou dans l’autre, ce qui était probable. Le cessez-le-feu pouvait soit s’effondrer, faisant chuter la paire, soit se consolider, prolongeant la hausse.Volatilité passée et stratégie
On a observé une dynamique comparable en octobre 2023 au début du conflit Israël-Hamas, lorsque l’indice VIX (baromètre de la peur mesurant la volatilité attendue des actions américaines) a bondi de plus de 30% en deux semaines. Ce précédent illustre la vitesse à laquelle des événements géopolitiques peuvent accroître l’incertitude, rendant pertinente une stratégie « longue volatilité » (parier sur une hausse des amplitudes de marché) dans le scénario 2025. Le risque principal était qu’un échec des discussions provoque un bond des prix du pétrole, comme lors d’autres crises au Moyen-Orient. Les minutes de la Fed, partagées, ont aussi compliqué la lecture pour les marchés de taux. Des responsables reconnaissaient qu’un conflit plus large pourrait affaiblir l’économie et justifier des baisses de taux. Parallèlement, d’autres craignaient qu’une hausse du pétrole entretienne une inflation élevée, ce qui impliquerait l’inverse. Cette inquiétude n’était pas théorique: elle rappelait l’inflation tenace du début 2024, lorsque le CPI américain est ressorti à plusieurs reprises au-dessus des attentes, au-delà de 3,4%, forçant les marchés à repousser les anticipations de baisses de taux. Les données 2025, avec un PCE à 3% et une révision en baisse du PIB du T4, plaçaient la Fed dans la même position délicate. Les traders auraient dû éviter les paris trop tranchés sur la trajectoire des taux américains. Pour l’AUD/USD, le ton plus restrictif de la RBA apportait un soutien, mais la paire restait surtout dépendante de l’histoire plus large du dollar et du sentiment de risque. L’enjeu était de surveiller une rupture de cet équilibre fragile. Les discussions au Pakistan et le CPI américain étaient des déclencheurs évidents autour desquels les opérateurs pouvaient se positionner. Ainsi, la réponse principale consistait à se protéger contre des mouvements brusques tout en attendant un signal plus clair. Un CPI élevé, attendu, aurait probablement dominé toute nouvelle positive sur le cessez-le-feu. Cela aurait renforcé le dollar et fait reculer l’AUD/USD, les marchés intégrant une Fed plus restrictive.
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