Implications pour la solidité de la consommation
La baisse inattendue de 0,1 % du revenu personnel en février, alors que le marché tablait sur +0,3 %, signale un possible affaiblissement de la situation des ménages. Cela indique que le pouvoir d’achat (la capacité des ménages à dépenser grâce à leurs revenus) se réduit, ce qui peut peser sur les résultats des entreprises dans les prochains trimestres. Nous révisons notre analyse, car ces données contredisent le scénario économique plus favorable observé depuis le début de l’année. Ce rapport sur les revenus va dans le même sens que les ventes au détail publiées la semaine dernière, elles aussi inférieures aux attentes avec un recul de 0,4 % (les ventes au détail mesurent les achats des consommateurs, un indicateur direct de la demande). Dans le même temps, l’inflation sous-jacente (core CPI, c’est-à-dire l’indice des prix à la consommation hors éléments très variables comme l’énergie et l’alimentation) ralentit à 2,9 % en rythme annualisé (un taux recalculé comme s’il se répétait sur un an). Le marché se tourne donc davantage vers la politique de la Réserve fédérale (Federal Reserve, la banque centrale des États-Unis). L’outil CME FedWatch (un indicateur qui estime, à partir des prix des contrats à terme sur les taux, la probabilité de décisions de la Fed) indique désormais 60 % de probabilité d’une baisse des taux d’ici la réunion de juillet, contre 35 % il y a un mois. Dans ce contexte, des stratégies de protection à la baisse via des options (des contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre plus tard à un prix fixé) sur les grands indices, comme le SPX (indice S&P 500), peuvent être envisagées. L’achat de « put spreads » (stratégie consistant à acheter une option de vente et à en vendre une autre à un niveau plus bas pour réduire le coût) permet de se couvrir à moindre coût contre un repli du marché lié à un ralentissement de la consommation. Il peut aussi être pertinent d’augmenter l’exposition à des options d’achat sur le VIX (indice de volatilité, souvent appelé « baromètre de la peur », qui monte quand les variations de marché s’intensifient), car ce type de surprise macroéconomique précède souvent une hausse de la volatilité.Considérations de positionnement tactique
La situation rappelle un schéma observé au deuxième trimestre 2025, lorsque le ralentissement de la progression des revenus avait précédé une correction de 5 % du marché dans les semaines suivantes. À l’époque, des positions acheteuses sur des contrats à terme de bons du Trésor américain (Treasury futures, instruments permettant de prendre une position sur les obligations via un contrat standardisé) avaient bien performé, les rendements ayant baissé dans un mouvement de recherche de sécurité. Un scénario similaire pourrait se reproduire, ce qui rend des positions acheteuses sur les contrats à terme des bons du Trésor à 10 ans (ZN, le contrat futures le plus suivi sur cette maturité) intéressantes sur un plan tactique.
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets