Signaux de politique économique et fermeté du yuan
Les autorités ont laissé davantage le yuan se renforcer via les fixings quotidiens de la PBoC (taux de référence quotidien fixé par la banque centrale chinoise). Le « facteur contracyclique » (paramètre utilisé pour lisser les mouvements jugés excessifs du taux de change) est resté proche de la neutralité en mars et début avril. Le ratio de réserve de risque de change (dépôt obligatoire imposé aux banques sur certaines opérations de change, afin de décourager la spéculation) a été abaissé de 20% à 0%, et les baisses de taux de la PBoC attendues ont été repoussées du 2T 2026 au second semestre 2026. L’écart de rendement à deux ans entre les États-Unis et la Chine (différence de taux sur les obligations à 2 ans) s’est creusé à son plus haut niveau depuis février 2025, mais le yuan ne s’est que légèrement affaibli. L’indice CFETS RMB (indice du yuan contre un panier de devises, mesurant sa valeur « effective ») progresse de 2,3% depuis le début de la guerre et de 2,9% depuis le début de l’année, avec des pondérations incluant l’euro (17,9%), le dollar (18,3%), le won (8,5%) et le yen (8,1%). Un projet de « péage » pour le détroit d’Ormuz évoquait des paiements en CNY ou en cryptomonnaie (actif numérique). À raison de 100 navires par jour (36 000 par an) et de 2 M$ de frais, le total atteindrait 72 Md$ ou 491 Md RMB. CIPS (système chinois de paiements transfrontaliers en yuan) a traité environ 180 000 Md RMB en 2025. Le cessez-le-feu a nettement renforcé le yuan, faisant passer la paire dollar/yuan sous le seuil de 6,85. Nous mettons à jour notre prévision vers une nouvelle fourchette plus basse de 6,70–7,05 pour les prochains mois. Ce changement reflète la résistance inattendue de la devise et l’évolution du contexte géopolitique.Implications de marché et positionnement
Le yuan est l’une des monnaies les plus fortes face au dollar cette année, avec une appréciation de plus de 2,3% depuis le début de l’année début avril. Cela dépasse presque toutes les monnaies asiatiques, dont beaucoup se sont affaiblies pendant le récent conflit au Moyen-Orient. Les exportations chinoises du T1 2026, en hausse de 7% sur un an, soutiennent un excédent courant élevé (le pays reçoit plus de revenus de l’étranger qu’il n’en paie) et renforcent la devise. À Pékin, les autorités semblent à l’aise avec cette appréciation, contrairement au début d’année. Les fixings quotidiens de la PBoC ont été globalement neutres en mars et début avril, ce qui indique qu’elles ne cherchent pas à empêcher la baisse de l’USD/CNY (donc la hausse du yuan). Cette tolérance peut aussi viser à réduire la facture des importations de matières premières (pétrole, gaz, métaux), devenues plus coûteuses pendant le conflit. Pour les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif, comme une devise), cela plaide pour un positionnement en faveur d’un yuan plus fort. Le creusement de l’écart de rendement à deux ans États-Unis/Chine, au plus haut depuis février 2025 le mois dernier, n’a pas affaibli le yuan. Avec le cessez-le-feu, le marché peut anticiper une Réserve fédérale moins agressive (moins de hausses de taux), ce qui réduirait cet écart et enlèverait un frein important au yuan. Compte tenu de notre nouvelle prévision de fin d’année à 6,75, les traders peuvent envisager d’acheter des options de vente (put : droit de vendre l’USD/CNY à un prix fixé) avec des prix d’exercice autour de 6,80 ou 6,75, à échéance au troisième trimestre. Cela permet de profiter d’une baisse attendue de l’USD/CNY tout en limitant les pertes au montant de la prime. La volatilité (ampleur attendue des variations de prix, paramètre clé du prix des options) a reculé depuis l’annonce du cessez-le-feu, rendant les options moins chères. Cependant, si une paix durable s’installe, le yuan pourrait ne pas surperformer toutes les devises. Des monnaies pénalisées par le conflit, comme le won coréen et l’euro, pourraient rebondir plus fortement face au dollar. Il faut donc éviter d’être trop exposé à une position longue sur le yuan (parier sur sa hausse) contre ces monnaies et envisager des stratégies d’écart, par exemple acheter l’euro contre le yuan (être long EUR/CNY). Un point clé est le comportement des exportateurs chinois, qui conservent de gros montants en dollars hors de Chine (offshore) depuis 2025, en raison de rendements américains plus élevés. Les données du mois dernier suggéraient déjà une hausse des règlements de change des entreprises (conversion de devises en yuan). Une baisse durable de l’USD/CNY pourrait déclencher un rapatriement de ces dollars, créant une demande importante de yuan. Créez votre compte VT Markets en réel et commencez à trader dès maintenant.
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