Cessez-le-feu et réaction des marchés
Les deux prochaines semaines ont été présentées comme une période clé : l’évolution des prix dépendra de la capacité du cessez-le-feu à déboucher sur un accord de paix durable, ou au contraire sur une nouvelle escalade. Le rapport indique que l’évolution des cours ne correspondait pas au schéma habituel d’actif refuge (valeur recherchée en période de stress) lors d’une désescalade. La banque centrale chinoise a augmenté ses réserves d’or en mars pour le 17e mois consécutif. Les données officielles évaluent les avoirs à 74,38 millions d’onces fin mars, soit +160 000 onces sur un mois. Le rapport mentionne aussi une baisse des réserves d’or de la banque centrale turque d’environ 120 tonnes durant la seconde moitié de mars, dont -69 tonnes sur la dernière semaine du mois. Nous nous souvenons de la hausse de l’or à 4 855 dollars l’an dernier après un cessez-le-feu temporaire au Moyen-Orient. Ce mouvement avait été porté par la baisse des rendements obligataires, et non par une demande classique d’actif refuge : la baisse du pétrole avait apaisé les craintes de relèvement des taux. Le point clé pour la stratégie reste donc le lien entre l’or et les anticipations de taux d’intérêt.Stratégie sur produits dérivés et anticipations de taux
Aujourd’hui, la relation entre l’or et les taux est le facteur déterminant pour les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, ici l’or). Avec le rendement du Treasury américain à 10 ans proche de 3,5 % et le CPI (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation) de mars 2026 légèrement au-dessus des attentes, à 3,1 %, la trajectoire des baisses de taux de la Réserve fédérale reste incertaine. Cette tension entre ralentissement de la croissance et inflation persistante crée une opportunité. Dans ce contexte, des options d’achat à longue échéance (call : droit d’acheter à un prix fixé, sur une durée longue) sur l’or peuvent être intéressantes, car elles offrent une exposition à la hausse si les rendements baissent au moindre signe de faiblesse économique. À l’inverse, les investisseurs qui anticipent une inflation « collante » (qui baisse lentement) et donc des taux durablement élevés peuvent envisager des options de vente (put : droit de vendre à un prix fixé) pour se protéger contre un passage de l’or sous 4 700 dollars. L’essentiel est de se positionner sur les anticipations de taux, plus que sur les gros titres géopolitiques. La volatilité implicite des options sur l’or (volatilité attendue par le marché, intégrée dans le prix des options) est un indicateur à suivre de près dans les prochaines semaines. Elle avait fortement augmenté lors des annonces de cessez-le-feu l’an dernier, et toute déclaration de banque centrale ou statistique surprise sur l’emploi pourrait provoquer un nouveau bond depuis les niveaux actuels, modérés. Vendre des options, comme des covered calls (vente de calls couverte par une position en or, pour encaisser une prime), peut générer un revenu si l’on s’attend à des prix évoluant dans une fourchette. Il faut également noter les achats réguliers des banques centrales, qui soutiennent le prix. Les données du World Gold Council pour le premier trimestre 2026 montrent que les banques centrales ont ajouté 290 tonnes nettes à leurs réserves, dans la continuité des achats records observés depuis 2022. Cette forte demande officielle contraste avec les ventes ponctuelles de la Turquie l’an dernier et renforce une vision haussière de long terme.
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