
Points clés à retenir
- Le pétrole brut reste le principal indicateur : le Brent se négocie autour de 107 $ et le WTI autour de 112 $ après une hausse hebdomadaire de 11 %.
- Mardi 20h00 (heure de l’Est) : les pourparlers de paix avec l’Iran donnent le premier ton à l’ensemble des marchés : pétrole américain (USOil), indice USDX, S&P 500, paire XAU/USD et Bitcoin/USD.
- L’indice PCE de base américain, publié jeudi, et l’indice des prix à la consommation américain, publié vendredi, détermineront si les craintes d’inflation se traduisent par un resserrement des taux d’intérêt.
- Les créations d’emplois non agricoles (NFP) en mars ont dépassé les attentes, avec 178 000 créations contre 65 000. Toutefois, les révisions et les données sur les ménages laissent entrevoir une tendance inégale.
Les marchés ne considèrent pas cela comme une simple fluctuation ponctuelle. Les opérateurs continuent d’intégrer le détroit d’Ormuz dans leurs prix, le considérant comme le principal vecteur de transmission de la conjoncture macroéconomique. Un passage partiel des navires ne signifie pas une reprise stable des flux commerciaux d’énergie ; la prime de risque reste donc inscrite dans le prix du pétrole brut.
La conséquence la plus évidente se manifeste sur les cours du pétrole. Le Brent s’échange autour de 107 $ en ce début de semaine, tandis que le WTI a clôturé aux alentours de 112 $ après une semaine écourtée par un jour férié, affichant une hausse d’un peu moins de 11 %. La tendance reste haussière en cas d’escalade des tensions, la suspension des négociations devant expirer mardi soir (heure de l’Est) et aucun accord de cessez-le-feu n’étant en vigueur.
Lorsque le prix du pétrole reste élevé, les investisseurs cessent de considérer le conflit comme un simple événement géopolitique. Le marché commence alors à intégrer des effets indirects, tels que la hausse des coûts de transport, la persistance de l’inflation et la réduction des marges de manœuvre en matière de politiques économiques.
Trump a rendu la situation plus difficile à ignorer pour les marchés. Ses dernières déclarations ont directement lié la prochaine phase du conflit au détroit d’Ormuz, fixant un ultimatum à mardi soir et brandissant la menace de nouvelles frappes contre les infrastructures iraniennes si le passage n’est pas rétabli.
Dans le même temps, il a laissé la porte ouverte à un accord. Ce mélange de pression et de diplomatie conditionnelle explique en partie pourquoi les opérateurs hésitent à voir la prime pétrolière s’estomper trop rapidement. Chaque allusion à la négociation apporte un soulagement temporaire, mais toute position plus ferme ramène le prix du brut, le dollar et, plus généralement, le sentiment de risque vers une stratégie défensive.
Cela éclaircit également la situation pour le reste de la semaine. L’attention ne se porte plus seulement sur la guerre en général, mais aussi sur la question de savoir si le détroit lui-même deviendra l’élément déclencheur de la prochaine étape. Si la rhétorique s’apaise et que la diplomatie progresse, le prix du pétrole brut pourrait baisser et les actifs à risque se stabiliser.
Si l’échéance est dépassée sur le même ton agressif, le marché sera plus enclin à considérer la hausse des prix du pétrole comme un problème inflationniste durable plutôt que comme une simple flambée géopolitique passagère. Cela maintiendra la pression sur les actions, soutiendra l’USDX et donnera à l’indice PCE et à l’IPC de base une importance accrue.
Une bonne nouvelle pour l’emploi qui apaise les craintes de croissance, mais qui durcit le cadre politique
Les créations d’emplois non agricoles en mars se sont établies à 178 000, contre une prévision médiane de 65 000. Le chiffre de janvier a été révisé à la hausse à 160 000, tandis que celui de février a été révisé à la baisse à -133 000. Si le résultat global semble encourageant, la situation sous-jacente est plus contrastée. Les révisions combinées indiquent une accélération plutôt qu’une progression.
Les données relatives aux ménages complexifient la situation. La population active a diminué et l’emploi total a reculé, tandis que le chômage a légèrement baissé. La croissance des salaires s’est poursuivie, mais à un rythme plus lent, et la durée moyenne du travail hebdomadaire a diminué, une tendance souvent observée avant une hausse des licenciements.
Cette situation modifie l’équilibre macroéconomique. La croissance de l’emploi reste positive et le chômage demeure faible, ce qui réduit le risque de récession imminente liée au marché du travail. Parallèlement, un choc énergétique accroît le risque d’inflation et complique toute perspective d’assouplissement monétaire à court terme.
La date limite de mardi à 20h00 HE est la première porte d’entrée pour Risk
Les pourparlers de paix avec l’Iran, mardi à 20h00 heure de l’Est, constituent le premier événement susceptible de redéfinir l’orientation de la semaine. Quatre grandes perspectives s’offrent aux marchés :
- Une désescalade et une amélioration des signaux à Hormuz pourraient faire chuter fortement le prix du pétrole brut et faire remonter les contrats à terme sur actions.
- Une ouverture stable permet un bref répit suite à la publication des chiffres de l’emploi non agricole, tandis que le niveau d’énergie reste élevé.
- Une escalade des prix à l’approche de l’échéance pourrait faire grimper à nouveau le prix du pétrole brut et exercer une pression sur les actifs à risque, notamment dans les secteurs sensibles aux taux d’intérêt et de consommation.
- Une ouverture nerveuse et plus faible peut se développer même sans nouvelle escalade, les traders réduisant progressivement leur prise de risque jusqu’à l’échéance.
Cette semaine ne commence pas avec l’IPC. Elle commence avec la question de savoir si la prime pétrolière va augmenter ou se contracte.
Pour en savoir plus sur Trump et sur l’impact de ses déclarations sur les marchés, cliquez ici.
L’indice PCE de base et l’IPC déterminent si le choc pétrolier se propage.
Jeudi, l’indice des prix PCE de base américain devrait croître de 0,4 % en glissement mensuel, comme prévu précédemment, tandis que le PIB final devrait croître de 0,7 % en glissement trimestriel, comme prévu précédemment. Vendredi, l’IPC américain devrait croître de 3,4 % en glissement annuel, comme prévu précédemment (2,4 %).
Les données sur l’inflation prennent un tout autre sens lorsque le prix du pétrole brut reste élevé. Des chiffres encourageants peuvent raffermir les taux d’intérêt et soutenir le dollar. Des chiffres plus faibles peuvent permettre aux actifs à risque de se stabiliser, mais ce répit tend à s’estomper si le prix du pétrole demeure élevé.
Lectures croisées sur les actifs pour bien démarrer la semaine
Le dollar reste l’indicateur le plus fiable en matière de positionnement défensif lorsque le marché intègre un risque contradictoire et une orientation politique haussière prolongée. L’or demeure tiraillé entre la demande de valeur refuge et un dollar plus ferme. Les actions tentent de rebondir, mais les risques liés au pétrole et à l’inflation freinent cette progression. Les cryptomonnaies se comportent comme des actifs à risque, leur prochaine impulsion étant conditionnée par l’orientation du début de semaine : soulagement ou tension.
Symboles clés à surveiller
USDX | USPétrole | XAUUSD | SP500 | BTCUSD
Événements clés à suivre
| Date | Devise | Événement | Prévision | Précédent | Remarques de l’analyste |
| 7 avril | USD | Résultat des pourparlers de paix avec l’Iran (20h HNE) | N / A | N / A | La réaction du pétrole donnera le ton de la semaine pour l’USDX et le risque. |
| 8 avril | NZD | Taux de change officiel | 2,25% | 2,25% | Suivez les indications concernant la volatilité du NZD, et non la position elle-même. |
| 9 avril | USD | Indice des prix PCE de base m/m | 0,40% | 0,40% | Une impression ferme soutient l’USDX et maintient les taux stables. |
| 9 avril | USD | PIB final trimestriel | 0,70% | 0,70% | Confirme la dynamique de croissance induite par le choc pétrolier. |
| 10 avril | USD | IPC année/année | 3,40% | 2,40% | Un IPC élevé peut rapidement accentuer le ton d’une hausse durable. |
Pour une vue d’ensemble des événements économiques à venir, consultez le calendrier économique de VT Markets.
Principaux mouvements de la semaine
USDX

- Le prix reste stable, les opérateurs intégrant l’échéance de mardi à 20h HNE dans leurs anticipations de taux.
- L’indice PCE de base de jeudi est le premier point de contrôle de l’inflation avant la réinitialisation hebdomadaire de l’IPC.
- Un climat pétrolier plus apaisé après les pourparlers de paix serait le moyen le plus clair d’adoucir l’offre.
USOil

- Les prix restent élevés en raison des craintes liées à l’approvisionnement, notamment concernant le terminal d’Ormuz et l’échéance de mardi.
- Un titre annonçant une désescalade peut déclencher un repli rapide, mais il faut qu’il y ait suivi.
- Si le prix du pétrole brut se maintient au-dessus de 110 $ jusqu’à l’IPC, le risque d’inflation demeure présent sur l’ensemble des actifs.
XAUUSD

- Le cours de l’or a baissé, la vigueur du dollar américain et les rendements ayant réduit les espoirs d’une baisse des taux.
- Les gros titres du mardi sont importants car le pétrole est le principal moteur des mesures de protection contre l’inflation.
- L’IPC peut rapidement modifier la demande s’il confirme des pressions inflationnistes plus générales.
BTCUSD

- La paire BTCUSD reste sensible à l’actualité, les risques macroéconomiques influençant l’appétit pour les liquidités.
- Un ralentissement de l’inflation après l’IPC serait un facteur favorable si le prix du pétrole baissait également.
- Une nouvelle flambée des prix du pétrole tend à durcir les conditions et à accroître l’exposition aux risques.
SP500

- Les tentatives de reprise se heurtent à un plafond de verre tant que le prix du pétrole brut reste élevé et que l’IPC plane.
- Une voie de soulagement s’ouvre avec le refroidissement du pétrole après l’issue des pourparlers de paix de mardi.
- Une hausse prolongée de l’IPC peut relancer le marché des marchés à taux élevés et limiter la poursuite de la hausse des actions.
Conclusion
Cette semaine suit le même schéma : le pétrole d’abord, puis l’inflation, et enfin les taux d’intérêt. Les pourparlers de paix avec l’Iran, mardi à 20h00 HNE, constituent le premier véritable déclencheur, car ils peuvent atténuer ou prolonger la prime de risque sur le pétrole brut qui influence la tendance générale des marchés d’actifs.
Si le prix du pétrole reste élevé jusqu’à la publication de l’indice PCE de base de jeudi et de l’IPC de vendredi, les marchés auront plus de mal à anticiper une politique d’assouplissement monétaire claire, ce qui maintiendra le USDX soutenu et limitera la confiance dans le SP500 et les risques à bêta élevé.
Si les gros titres se calment et que les données sur l’inflation sont plus modérées que prévu, le marché pourra se tourner vers un soulagement, mais la charge de la preuve incombe aux producteurs de pétrole et aux auteurs des chiffres de l’inflation.
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