Perspectives budgétaires et déficits
Ils projettent un déficit public (l’écart entre dépenses et recettes de l’État) de la zone euro en hausse, de 3,1% du PIB en 2024 à environ 3,4% en 2025 et 2026, ce qui traduit une politique budgétaire légèrement accommodante (qui soutient l’activité). Le déficit public de l’Allemagne passerait de 2,4% du PIB en 2025 à 4,3% en 2026. D’autres pays devraient aussi utiliser leurs marges de manœuvre budgétaires (capacité à augmenter les dépenses ou réduire les impôts sans dérapage immédiat des finances publiques). Ils estiment que l’inflation globale (l’inflation « totale », incluant l’énergie et l’alimentation) serait proche de 2% en 2027, et n’anticipent pas d’action immédiate de la BCE (Banque centrale européenne). Ils prévoient des hausses de taux de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) en décembre 2026 et en juin 2027, avec un risque d’avancement, possiblement dès juin. Compte tenu de la récente hausse des prix de l’énergie liée aux tensions en Iran, ils jugent qu’il ne faut pas surréagir comme en 2022. L’économie européenne est devenue plus efficace: la consommation de gaz naturel rapportée au PIB a reculé d’environ 15% depuis cette période. Avec des stocks de gaz (réserves stockées pour l’hiver) remplis à 65%, nettement au-dessus de la moyenne sur cinq ans, l’Europe serait en mesure d’absorber ce choc sans forte perturbation de l’activité. La solidité de fond de l’économie invite, selon eux, à la prudence avant de parier contre la croissance européenne. Le plan de relance allemand de 50 milliards d’euros, combiné à des dépenses des ménages résistantes, devrait pousser la croissance au-dessus de son potentiel cette année. La zone euro sortirait d’une phase de faiblesse et la reprise devrait accélérer.Taux et perspectives de politique monétaire
Sur le front des taux, la BCE semble pour l’instant rester en retrait. Avec les dernières données d’Eurostat montrant une inflation globale stable autour de 2,1%, la pression pour durcir la politique monétaire (remonter les taux pour freiner l’inflation) est limitée. Cela suggère que la volatilité (amplitude attendue des variations) sur le « front end » de la courbe des taux (les maturités courtes, très sensibles aux décisions de la BCE) pourrait être surévaluée. En conséquence, ils voient la première hausse de taux de la BCE comme un événement lointain, probablement pas avant décembre. Vendre de la volatilité sur des contrats à terme de taux (produits financiers utilisés pour se couvrir ou spéculer sur l’évolution des taux à court terme) pourrait être une stratégie dans les prochaines semaines. Le principal risque est une surprise lors de la réunion de juin de la BCE si les nouvelles prévisions montrent un impact plus marqué à moyen terme de l’environnement actuel.
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets