
Points clés
- L’AUDUSD baisse vers 0,687, un plus bas en deux mois.
- Les risques d’inflation augmentent : l’IPC (indice des prix à la consommation, qui mesure la hausse générale des prix) est attendu près de 4,5% et peut-être 5% au T2 (deuxième trimestre).
- Les marchés estiment une probabilité de 68% d’une hausse en mai, avec des taux attendus à 4,75% d’ici la fin de l’année.
Le dollar australien s’est affaibli vers 0,687 $, à son plus bas niveau en deux mois, alors que les marchés réévaluent les risques pour la croissance mondiale.
Cette baisse reflète la crainte qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient provoque un choc durable sur l’énergie (hausse forte et persistante des prix du pétrole et du gaz), ce qui pèse sur les monnaies liées aux matières premières, comme l’« Aussie » (surnom du dollar australien).
Comme indicateur de la croissance mondiale et de la demande de matières premières, l’AUDUSD (taux de change entre le dollar australien et le dollar américain) baisse souvent quand l’appétit pour le risque diminue (quand les investisseurs évitent les actifs jugés risqués).
Le dollar australien peut rester sous pression si les inquiétudes sur la croissance augmentent et si la demande de matières premières recule.
L’avantage de rendement diminue avec le durcissement mondial
Un soutien important du dollar australien, ses taux d’intérêt plus élevés, s’affaiblit.
Les marchés s’attendent maintenant à ce que d’autres grandes banques centrales (institutions qui fixent les taux d’intérêt d’un pays) maintiennent, voire renforcent, le durcissement monétaire (politique qui monte les taux pour freiner l’inflation), ce qui réduit l’avantage de rendement de l’Australie (écart de taux qui rend une monnaie plus attractive).
Ce changement réduit l’intérêt des entrées de capitaux (argent investi venant de l’étranger) vers le dollar australien, surtout quand l’incertitude mondiale augmente.
Malgré cela, les marchés intègrent encore une probabilité de 68% d’une hausse de taux en mai, avec des taux attendus à 4,75% d’ici la fin de l’année.
Le soutien des taux (effet positif des taux plus élevés sur la monnaie) restera limité, sauf si la RBA (Reserve Bank of Australia, banque centrale d’Australie) devient plus stricte que les autres banques centrales.
Les pressions inflationnistes augmentent avec la hausse de l’énergie
La forte hausse des prix à la pompe augmente directement les risques d’inflation en Australie.
Les économistes attendent un IPC global (inflation totale) proche de 4,5%, avec un risque d’approcher 5% au T2 si les prix de l’énergie restent élevés.
Cela complique la tâche des décideurs (autorités qui fixent les taux), car une inflation plus élevée peut imposer des taux plus hauts, même si la croissance ralentit.
La hausse des coûts et une consommation plus faible (dépenses des ménages) pèsent sur les achats des foyers.
La RBA doit arbitrer entre croissance et inflation
La Reserve Bank of Australia évolue dans un contexte difficile.
Le gouverneur adjoint de la RBA, Christopher Kent, a averti qu’un conflit prolongé dans le Golfe pourrait freiner la croissance, tandis que la banque centrale veut garder des anticipations d’inflation stables (les attentes des ménages et des entreprises sur l’inflation future, qui influencent salaires et prix).
C’est un sujet mondial : les banques centrales doivent freiner l’inflation alors que l’économie ralentit.
La RBA pourrait rester guidée par les données (décisions basées sur les chiffres publiés), avec des choix de plus en plus dépendants des prix de l’énergie et de la situation mondiale.
Analyse technique
L’AUDUSD se négocie autour de 0,6893 et continue de reculer après avoir échoué à rester au-dessus de la zone de résistance 0,71–0,7180 (niveau où le prix a souvent du mal à monter). La dynamique est passée d’une forte hausse à une phase de correction (repli après une hausse), avec une pression baissière (tendance à la baisse) à court terme.
Structure de tendance et moyennes mobiles
Le prix est maintenant sous les principales moyennes mobiles de court terme (moyenne du prix sur plusieurs jours, utilisée pour repérer la tendance) :
- MM5 : 0,6946
- MM10 : 0,7003
- MM20 : 0,7033
- MM30 : 0,7049
Cet alignement montre un empilement baissier net (moyennes mobiles dans l’ordre, toutes orientées à la baisse). Le rejet près de 0,7187 a marqué un sommet local, suivi de sommets et creux de plus en plus bas (signal classique de baisse).
Le fait que le prix ne repasse pas au-dessus de la MM5 indique que les vendeurs gardent la main.

Niveaux clés à surveiller
- Résistance immédiate : 0,6945 → 0,7000
- Résistance plus forte : 0,7030 → 0,7050
- Support : 0,6850 → 0,6800
- Niveau de rupture : sous 0,6800, la zone 0,6700 devient possible
La zone 0,6850 est le premier support important. Une cassure nette sous ce niveau confirmerait la poursuite de la baisse.
Lecture du comportement des prix
La hausse de 0,6421 jusqu’au sommet 0,7187 était solide. Mais récemment, on observe :
- Des rejets répétés près des sommets
- Une consolidation serrée (prix qui bouge peu) qui se transforme en cassure baissière
- Une baisse qui se prolonge plus facilement
C’est typique d’une phase de distribution (période où de gros acteurs vendent progressivement) qui passe en correction.
Le volume (quantité échangée) a augmenté pendant la baisse récente, ce qui suggère plus de ventes qu’au moment de la consolidation.
À surveiller ensuite
Surveillez la réaction du prix autour de 0,6945 (zone de la MM5) :
- Échec à repasser au-dessus : la pression baissière reste en place
- Passage au-dessus de 0,7000 : risque de rachats forcés (short squeeze : les vendeurs à découvert rachètent en urgence) vers 0,7030–0,7050
Surveillez aussi les facteurs macroéconomiques (grandes tendances économiques) :
- La force du USDX (indice du dollar américain face à un panier de monnaies) reste un frein pour l’AUD
- Les prix des matières premières, surtout le minerai de fer et le pétrole, influencent souvent l’AUD
Perspective prudente
À court terme, le biais reste baissier sous 0,7000, avec des rebonds souvent vendus. La situation ne se stabilise que si le prix repasse au-dessus de la zone 0,7030–0,7050. Sinon, le scénario favorise une baisse vers 0,6850, puis possiblement 0,6800.
Ce que les traders devraient surveiller
L’AUDUSD reste sensible aux facteurs locaux et mondiaux. Points clés :
- Les mouvements du prix du pétrole et l’offre d’énergie (disponibilité du pétrole et du gaz)
- Les perspectives de croissance mondiale et l’appétit pour le risque
- Les attentes sur la politique de la RBA et les données d’inflation
- Les divergences entre banques centrales (écarts de politique de taux entre pays)
Pour l’instant, le dollar australien réagit surtout aux risques mondiaux plutôt qu’au soutien des taux locaux, avec une inflation tirée par l’énergie et des inquiétudes sur la croissance qui guident la direction à court terme.
FAQs
Pourquoi l’AUDUSD est-il tombé à un plus bas en deux mois ?
L’AUDUSD a reculé vers 0,687 car les craintes sur la croissance, liées à l’énergie, ont réduit la demande pour les monnaies sensibles au risque comme le dollar australien.
Comment la hausse du pétrole affecte-t-elle le dollar australien ?
Un pétrole plus cher augmente l’inflation et ralentit la croissance mondiale, ce qui réduit la demande de matières premières et pèse sur le dollar australien.
Qu’est-ce qui pousse à la hausse les perspectives d’inflation en Australie ?
Les coûts du carburant augmentent fortement. L’IPC est attendu à 4,5% et peut-être 5% au T2 si les prix de l’énergie restent élevés.
Pourquoi le dollar australien perd-il son avantage de rendement ?
D’autres banques centrales devraient relever les taux ou les maintenir élevés, réduisant l’écart de taux qui soutenait l’AUDUSD.
Qu’attendent les marchés de la RBA ?
Les marchés estiment à 68% la probabilité d’une hausse des taux en mai, avec des taux attendus à 4,75% d’ici fin d’année.
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