Le choc énergétique pèse sur l’euro
La zone euro importe plus d’énergie qu’elle n’en exporte, donc un pétrole plus cher peut freiner l’économie et maintenir l’inflation (hausse générale des prix) à un niveau élevé. Les attentes de hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE, l’institution qui fixe les taux de la zone euro) n’ont pas soutenu l’euro. Les États-Unis exportent plus de pétrole qu’ils n’en importent, donc la hausse de l’énergie les touche moins directement. Le pétrole est coté en dollars américains, ce qui peut augmenter la demande de dollars quand le prix du pétrole monte. Les rendements des bons du Trésor américain (taux d’intérêt payés par la dette de l’État) ont aussi soutenu le dollar, les marchés n’attendant plus de baisse des taux de la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis) cette année. Sur le graphique, l’EUR/USD est resté sous les moyennes mobiles simples (SMA, moyenne d’un prix sur une période donnée) à 100 et 200 jours, proches de 1,1670–1,1680, avec 1,1600 comme plafond. Le RSI (indice de force relative, indicateur qui mesure si un marché est trop vendu ou trop acheté) est monté vers 45 depuis des niveaux proches de « survente » (prix fortement baissé). Le MACD (indicateur de tendance basé sur l’écart entre deux moyennes mobiles) est devenu légèrement positif près de zéro. La résistance (zone où le prix peine à monter) se situe à 1,1665, puis 1,1745 et 1,1825; le support (zone où le prix peine à baisser) est à 1,1410, puis 1,1265 et 1,1200.Leçons de la volatilité de l’an dernier
En regardant les pressions géopolitiques de 2025, on a vu à quelle vitesse le dollar américain s’est renforcé face à l’euro. Les tensions au Moyen-Orient ont déclenché une recherche de sécurité (les investisseurs vont vers des actifs jugés plus sûrs). Cette dynamique a pénalisé l’euro, car la région dépend de l’énergie importée. On se souvient que le Brent (référence mondiale du prix du pétrole) a dépassé 110$ le baril fin 2025, touchant directement l’économie de la zone euro. Les données d’Eurostat (office statistique de l’UE) ont confirmé la pression: l’inflation globale (chiffre général incluant énergie et alimentation) est montée à 4,8% au quatrième trimestre, tandis que la croissance du PIB (produit intérieur brut, mesure de l’activité économique) a stagné près de zéro. Dans ce contexte, l’euro a eu du mal à se stabiliser, même avec la BCE évoquant des hausses de taux. À l’inverse, l’indice du dollar (DXY, mesure du dollar face à un panier de grandes devises) a nettement franchi 100,00 pendant cette période d’incertitude. La position des États-Unis comme exportateur net d’énergie a protégé leur économie du choc pétrolier, renforçant le dollar. Les traders ont écarté toute chance de baisse des taux de la Fed, creusant l’écart de politique monétaire avec l’Europe. Compte tenu de cette histoire récente, les traders peuvent envisager un positionnement pour des risques de baisse similaires sur l’EUR/USD si les tensions géopolitiques repartent. La chute rapide vers le support 1,1410 l’an dernier montre à quelle vitesse le sentiment peut changer. Acheter des options de vente (put, droit de vendre à un prix fixé) avec des prix d’exercice (strike, prix fixé dans l’option) sous les niveaux actuels peut donner une exposition à un mouvement brutal de fuite vers la sécurité. Pour un risque mieux défini, les spreads baissiers de puts (stratégie avec deux options) sont efficaces: acheter un put et vendre en même temps un autre put avec un strike plus bas pour financer une partie du coût. Cela vise une zone de baisse précise, comme en 2025. Il faut aussi surveiller la volatilité implicite (volatilité attendue, intégrée dans le prix des options) sur le marché des options. Pendant les tensions de 2025, la volatilité sur la paire EUR/USD a bondi d’environ 30%, rendant les options plus chères mais plus sensibles. Si l’on attend un événement majeur sans connaître le sens du mouvement, acheter un straddle (acheter un call et un put au même strike, pour profiter d’un grand mouvement dans un sens ou dans l’autre) peut capter une forte variation de prix. Pour les entreprises, la leçon est l’importance de la couverture (hedging, actions pour réduire le risque de change). Les sociétés avec des revenus en euros ont vu leurs gains convertis en dollars diminuer vite. Mettre en place des contrats à terme (forward, accord de taux de change fixé pour une date future) ou un collar d’options (combinaison d’options pour limiter pertes et gains) peut protéger contre une nouvelle forte baisse de l’euro.
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