L’aversion au risque et la robustesse des données américaines soutiennent le dollar, faisant reculer l’EUR/USD vers 1,1600 dans un contexte de conflit

by VT Markets
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Mar 6, 2026
L’EUR/USD a baissé de 0,21 % jeudi, se rapprochant de 1,1600 alors que les échanges prudents (les investisseurs évitent les actifs risqués) se poursuivaient dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. Les marchés actions américains (Bourse) ont terminé en baisse, et des données économiques américaines solides ont soutenu le dollar américain. Les demandes initiales d’allocations chômage (nouvelles inscriptions au chômage) pour la semaine se terminant le 28 février se sont établies à 213 000, contre 215 000 attendues. Challenger, Gray & Christmas a indiqué 48 300 licenciements annoncés (plans de suppression d’emplois rendus publics) en février, en baisse de 55 % par rapport à 108 435 en janvier.

Force du dollar et prudence sur le risque

Le président de la Fed de Richmond (banque régionale de la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis), Thomas Barkin, a évoqué une inflation tenace (hausse des prix qui ralentit peu) et a déclaré que les derniers chiffres de l’emploi montrent un marché du travail solide. Il a aussi indiqué que l’équilibre des risques pourrait évoluer, l’inflation restant une inquiétude. Les comptes rendus de la Banque centrale européenne (BCE) ont montré que les responsables ont laissé les taux d’intérêt inchangés et ont discuté du risque que l’inflation passe davantage sous l’objectif de 2 %. La réunion a eu lieu avant l’aggravation des tensions entre les États-Unis et l’Iran, ce qui pèse sur les perspectives de l’Europe, importatrice d’énergie (elle doit acheter pétrole et gaz à l’étranger). Le calendrier de vendredi en zone euro comprend les données sur l’emploi et le PIB (produit intérieur brut, mesure de la production économique) du dernier trimestre 2025, ainsi que des commentaires de la présidente de la BCE, Christine Lagarde. Aux États-Unis, les ventes au détail de janvier et les créations d’emplois Nonfarm Payrolls (NFP, emplois créés hors agriculture) de février sont attendues, avec 59 000 créations d’emplois prévues et un chômage vu à 4,3 %. L’EUR/USD s’échangeait à 1,1609, avec un RSI (indice de force relative, indicateur technique qui mesure la vitesse et l’ampleur des variations de prix) à 33 et une résistance (zone de prix où la hausse bloque souvent) à 1,1700/1,1720 puis 1,1820. Les supports (zones de prix où la baisse bloque souvent) sont 1,1615 et 1,1570/1,1550. La perspective à court terme pour l’EUR/USD est baissière, la paire se dirigeant vers 1,1600 alors que des données américaines solides et l’aversion au risque mondiale renforcent le dollar. Cela suggère des stratégies qui profitent d’un euro en baisse. Nous pensons que cette pression baissière continuera dans les prochaines semaines.

Stratégie et risques liés aux événements

La récente solidité du marché du travail américain, semblable aux rapports d’emploi étonnamment résistants observés en 2025, donne à la Réserve fédérale peu de raisons d’assouplir sa position (devenir moins stricte). Les dernières données de l’indice des prix à la consommation (IPC, mesure de l’inflation) montrent une inflation sous-jacente (inflation hors éléments très variables comme l’énergie et l’alimentation) au-dessus de 3 %, ce qui maintient la pression sur les décideurs. Cet écart de politique monétaire (différence entre la politique de la Fed et celle de la BCE) favorise le dollar face à l’euro. De son côté, la BCE a signalé qu’elle craint une inflation sous l’objectif, à l’inverse de la Fed. Cette différence apparaît dans l’écart de rendement (différence de taux d’intérêt) entre les obligations américaines et allemandes à 2 ans, élargi à plus de 180 points de base (1 point de base = 0,01 %), ce qui rend le dollar plus attractif. La dépendance de la région aux importations d’énergie la rend aussi plus exposée à l’escalade du conflit États-Unis–Iran, ce qui pèse sur l’euro. Compte tenu de cette situation, nous pensons que l’achat d’options de vente (put, contrat qui gagne en valeur si le prix baisse) sur l’EUR/USD est une stratégie prudente pour viser une poursuite de la baisse, avec un objectif vers la zone de support 1,1550. Pour une vue neutre à légèrement baissière, vendre des options d’achat en spread (call spread, vendre une option d’achat et en acheter une autre à un prix plus élevé pour limiter le risque), avec un plafond autour de la résistance 1,1700, peut permettre d’encaisser une prime (le prix reçu pour vendre une option) tout en limitant le risque. Ces positions peuvent profiter soit d’une nouvelle baisse, soit d’une phase de stabilisation. Le rapport américain NFP (emplois créés hors agriculture) est le principal risque événementiel (publication pouvant provoquer de forts mouvements) cette semaine. Le consensus est faible à 59 000, mais un chiffre nettement au-dessus de 150 000 confirmerait probablement la prudence de la Fed et pourrait accélérer la baisse de l’EUR/USD. Il faut donc s’attendre à une volatilité (mouvements rapides et importants des prix) plus élevée autour de la publication et gérer les positions en conséquence.

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