Perspectives de politique monétaire de la Banque du Japon
Le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, a déclaré que la BoJ pourrait relever ses taux d’intérêt si la croissance économique et l’inflation le permettent. Les marchés s’attendent toutefois à un statu quo lors de la réunion de mars, en raison de l’incertitude, des prix de l’énergie très instables (pétrole et gaz qui montent et baissent fortement) et des risques géopolitiques. Les données de la zone euro ont été contrastées. Les ventes au détail (dépenses des ménages dans les magasins) ont reculé de 0,1 % sur un mois en janvier, alors que le marché attendait une hausse de 0,3 %. Les ventes au détail ont progressé de 2 % sur un an, au-dessus de la prévision de 1,7 %. Cela indique des dépenses plus solides sur un an malgré le recul mensuel. Des responsables de la Banque centrale européenne ont appelé à la prudence et ont surveillé les marchés de l’énergie liés au conflit. Certains décideurs ont indiqué qu’il n’y avait pas de besoin immédiat de relever les taux, tandis que la hausse des prix du pétrole et du gaz a renforcé les inquiétudes sur l’inflation (hausse générale des prix).Positionnement sur une cassure de volatilité
La pression actuelle sur EUR/JPY vient d’une « fuite vers la sécurité » (les capitaux vont vers des monnaies et actifs jugés plus sûrs), les tensions géopolitiques orientant l’argent vers le yen. Les prix du pétrole brut ont bondi de plus de 15 % sur le dernier mois, près de 105 $ le baril, ce qui a poussé l’indice de volatilité des devises (mesure de l’ampleur des variations de prix) à son plus haut niveau de l’année. Dans ce contexte prudent, les positions qui parient sur un yen plus faible font face à un fort vent contraire. Malgré les propos du gouverneur de la BoJ sur des hausses de taux, la prudence reste de mise. Leur premier pas, très graduel, pour sortir des taux négatifs en mars 2024 (taux d’intérêt en dessous de zéro) montre qu’ils avancent lentement. Avec une inflation « core » (inflation hors éléments très instables comme l’énergie et souvent l’alimentation) au Japon à 2,1 % en février 2026, la BoJ a peu de raisons d’agir brutalement. La zone euro fait face à un dilemme similaire, avec des responsables de la BCE au ton accommodant (ils privilégient des taux bas et une politique plus souple) à cause du conflit. Cependant, l’estimation rapide de l’IPC (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation) de février 2026 a montré une hausse à 2,8 % sur un an, interrompant une baisse de six mois et ravivant les craintes d’inflation. Cela rappelle les chocs des prix de l’énergie de 2025, qui ont maintenu une politique monétaire restrictive (taux plus élevés, conditions de crédit plus dures) plus longtemps que prévu. Dans ce bras de fer entre aversion au risque et inflation, miser sur une hausse de la volatilité (plus grands écarts de prix), plutôt que sur une direction précise, peut être plus prudent. La demande d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix fixé) augmente, avec la volatilité implicite à un mois sur EUR/JPY (volatilité attendue par le marché à partir du prix des options) passée de 8 % à plus de 13 % en deux semaines. Acheter des « straddles » ou des « strangles » (stratégies d’options visant à profiter d’un grand mouvement, que le prix monte ou baisse) peut permettre de gagner si la paire bouge fortement, que ce soit vers le haut avec une BCE plus stricte (politique plus dure, plutôt des hausses de taux) ou vers le bas si la demande de valeur refuge (actif jugé sûr) reste forte. En regardant en arrière, les conditions de marché de 2025 ont montré que les banques centrales réagissent lentement aux premiers chocs géopolitiques, préférant attendre des données claires. Lors des inquiétudes sur les chaînes d’approvisionnement en Asie cette année-là (risques de rupture de production et de transport), le yen s’était d’abord renforcé pendant plusieurs semaines avant que les données économiques de fond ne reprennent le dessus. Cela suggère qu’à court terme, un yen plus fort est le scénario immédiat, mais que les pressions d’inflation en Europe peuvent provoquer un retournement net dans les semaines à venir.
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